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Que veut dire ARC en lecture ? Le service de presse expliqué

ARC veut dire « advance reader copy », exemplaire de lecture anticipé. C’est une édition précoce d’un livre, envoyée avant sa parution pour que chroniqueurs, libraires, bibliothécaires et comptes littéraires puissent le lire et en parler à temps pour la sortie.

Sur BookTok, ARC s’emploie aussi comme verbe, et vous croiserez eARC pour la version numérique.

Comment on le dit en français

Dans l’édition francophone, l’objet porte depuis toujours un autre nom : le service de presse, abrégé SP. C’est le terme correct si vous écrivez à un éditeur, et il est bien antérieur au sigle anglais.

Sur les réseaux, c’est pourtant ARC qui domine, parce que les plateformes qui distribuent ces exemplaires, NetGalley et Edelweiss, fonctionnent en anglais et amènent leur vocabulaire avec elles. Les deux mots désignent la même chose : « reçu en SP » et « j’ai eu un ARC » sont équivalents.

Ce que contient réellement un ARC

Un ARC n’est pas le livre fini. Il est en général composé à partir d’un manuscrit avancé mais non définitif, ce qui veut dire qu’il peut contenir des coquilles, une mise en page non relue, une couverture provisoire, et parfois des scènes coupées avant publication.

C’est pourquoi presque tous portent une mention du type « épreuve non corrigée, ne peut être vendue ». Deux conséquences pratiques :

  • Citer un ARC est risqué. La phrase que vous avez aimée peut ne pas exister dans le livre publié. Un chroniqueur qui cite est censé vérifier sur le texte final.
  • Vendre un ARC n’est pas autorisé. Ces exemplaires sont donnés, pas vendus, et les revendre est le moyen le plus rapide de ne plus en recevoir.

Comment on en obtient vraiment

Quatre voies, à peu près classées de la plus ouverte à la plus fermée :

  1. NetGalley et Edelweiss. Demander des exemplaires numériques directement aux éditeurs. Ouvert à tous, chaque demande étant acceptée ou refusée, souvent d’après votre historique de chroniques.
  2. Newsletters et tirages au sort des éditeurs. Beaucoup de maisons distribuent des exemplaires papier par tirage ouvert.
  3. Directement par l’attaché de presse. Une fois que vous avez un historique, les propositions arrivent d’elles-mêmes. À ce stade, on ne court plus après les SP.
  4. Équipes de lecteurs d’auteurs. Les auteurs indépendants recrutent directement.

La vérité peu glamour est que l’accès se gagne par la régularité plus que par l’audience. Un lecteur qui chronique 90 pour cent de ce qu’il demande vaut plus, pour un éditeur, qu’un gros compte à 30 pour cent.

Les obligations qui viennent avec

Un ARC n’est pas un livre gratuit. C’est un livre contre une chronique, et il y a des usages :

  • Chroniquez près de la sortie, pas des mois après. Tout l’intérêt est dans la fenêtre qui précède.
  • Déclarez-le. « Reçu en service de presse en échange d’une chronique honnête » est la formule standard, et en France la mention du caractère commercial d’un partenariat est une obligation légale, pas une politesse.
  • Honnête veut dire honnête. Une chronique négative est légitime et attendue. Les éditeurs demandent des retours, pas des éloges.
  • Tenez votre ratio. Demander beaucoup plus que ce que vous chroniquez est la raison habituelle pour laquelle les validations s’arrêtent.
  • Ne diffusez pas le fichier. Partager un eARC, c’est pirater un livre qui n’est même pas sorti.

Peut-on abandonner un SP ?

Oui, et il faut le dire. Si un livre ne fonctionne pas pour vous, le marquer abandonné avec la page où vous vous êtes arrêté est plus utile à tout le monde qu’une chronique forcée d’un livre que vous n’avez pas terminé. L’usage est de publier une note courte expliquant où et pourquoi vous avez arrêté, ce qui informe réellement les autres lecteurs.

ARC et les sigles voisins

  • eARC : la version numérique, en général via NetGalley ou Edelweiss.
  • DRC : « digital review copy », la même chose sous un autre nom.
  • Épreuve ou jeu de bonnes feuilles : les termes classiques de l’édition française.
  • Blurb : la phrase élogieuse qu’un éditeur sollicite auprès d’un autre auteur, souvent écrite à partir d’un ARC.
  • TBR : la PAL, que vos SP validés rejoignent aussitôt.

Plus de termes dans le glossaire de lecture.

Suivre ses SP dans Endleaf

Les services de presse créent un problème de calendrier que la lecture ordinaire ne pose pas : plusieurs livres, chacun avec une échéance de chronique liée à sa date de parution. Endleaf le règle avec des étagères et des étiquettes que vous définissez, si bien qu’une étagère « SP » cohabite avec votre bibliothèque normale, et les dates de début et de fin vous disent si vous tenez vraiment le rythme.

Livres illimités, statuts illimités et export complet sont gratuits, et rien ne quitte votre iPhone. Si un éditeur vous demande ce que vous avez lu et chroniqué, vous exportez l’ensemble en CSV d’une pression.

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