Que veut dire DNF en lecture ? Guide de l'abandon
DNF veut dire « did not finish », soit non terminé. Le sigle désigne un livre que vous avez commencé, posé, et décidé de ne pas reprendre. On l’emploie aussi comme verbe : « je l’ai DNF page 60 ».
Voilà la définition. Le reste de ce guide porte sur le moment où l’employer, la façon de le consigner, et la raison pour laquelle les lecteurs qui abandonnent sans culpabiliser lisent davantage, et non l’inverse.
Comment on le dit en français
Deux formes cohabitent en français, et les mélanger ne gêne personne :
- « Abandonné », ou « je l’ai abandonné ». Le mot naturel, celui que vous diriez à voix haute et celui qu’emploient les blogs et les chroniques francophones.
- DNF. Le sigle anglais, arrivé tel quel via BookTok, Bookstagram et les applications de suivi, presque toutes anglophones.
Les deux se croisent dans la même conversation. Si vous chroniquez, « abandonné page 60 » se comprend partout ; « DNF à 40% » économise des caractères et vous branche sur la discussion internationale.
D’où vient DNF
DNF est emprunté aux résultats de course à pied : le coureur qui prend le départ sans franchir la ligne est marqué DNF plutôt que crédité d’un temps. Les blogs littéraires l’ont repris dans les années deux mille, puis il a essaimé sur Goodreads, StoryGraph et BookTok.
L’origine compte. En course, DNF est un fait neutre, pas un jugement sur le coureur. Avec les livres, cela fonctionne exactement pareil : le sigle enregistre ce qui s’est passé, sans décider à qui la faute.
Comment les lecteurs l’emploient
Vous le verrez sous quatre formes :
- Comme statut. « DNF » ou « abandonné » côtoie à lire, en cours et lu dans la plupart des applications.
- Comme verbe. « Je l’ai abandonné. »
- Avec un numéro de page. « Abandonné à 40% » est la forme la plus utile, car elle dit quelle chance le livre a eue.
- Comme étagère. Une étagère d’abandons rassemble tout ce que vous avez posé, et le motif se voit.
Certains ajoutent « abandonné pour l’instant », ce qui signifie que le livre peut revenir. Cette nuance mérite d’être gardée : un livre tombé dans une mauvaise semaine n’est pas la même chose qu’un livre qui n’était pas pour vous.
Quand abandonner un livre
Il n’existe pas de règle universelle, mais trois sont très répandues :
- La règle des 50 pages. Donnez 50 pages à un livre. S’il n’a pas mérité le chapitre suivant, arrêtez.
- La règle de la page 100. Plus généreuse, courante en littérature générale et en fantasy longue, qui mettent souvent du temps à démarrer.
- La règle de 50 de Nancy Pearl. Lisez 50 pages, et si vous avez plus de 50 ans, retranchez votre âge de 100 et lisez ce nombre-là. Le temps prend de la valeur.
Un meilleur test que n’importe quel décompte de pages : si vous avez pris votre téléphone au lieu du livre trois soirs de suite, le livre vous a déjà répondu.
Pourquoi consigner un abandon en vaut la peine
La plupart des lecteurs abandonnent un livre en le perdant discrètement de vue, puis traînent une vague culpabilité pendant un an. L’écrire fait trois choses utiles.
Cela garde vos notes honnêtes. Si vous ne consignez jamais les abandons, votre moyenne dérive vers le haut et finit par ne plus rien vouloir dire. Noter un livre non terminé est injuste envers le livre : le bon geste est de le marquer abandonné avec un motif, et de le laisser sans note. Nous développons cela dans le guide pour construire un système de notation.
Cela vous apprend vos propres goûts. Au bout d’un an, une étagère d’abandons est remarquablement précise : vous découvrirez que vous abandonnez les romans choraux, ou tout ce qui est à la deuxième personne, ou tout ce qui dépasse 500 pages en été. C’est réellement utile au moment de choisir le suivant.
Cela protège votre temps de lecture. Les 80 pages déjà investies pèsent, et c’est la principale raison pour laquelle on s’inflige des livres qu’on n’aime pas. Nommer l’abandon met fin à la négociation.
DNF et les autres sigles
DNF voyage avec un petit groupe d’abréviations que vous croiserez dans les mêmes publications :
- TBR : les livres qui vous attendent, la PAL en français.
- ARC : service de presse, l’exemplaire envoyé avant parution.
- Tropes : les motifs à partir desquels un livre est construit.
- LC : lecture commune, lire le même livre que quelqu’un d’autre au même rythme.
La liste complète se trouve dans notre glossaire de lecture.
Consigner un abandon dans Endleaf
Endleaf traite l’abandon comme un vrai statut, pas comme une pensée après coup : aux côtés de à lire, en cours, lu, en pause et relecture. Vous pouvez noter la page où vous vous êtes arrêté et pourquoi, le laisser sans note pour que votre moyenne reste honnête, et conserver les sessions enregistrées, parce que ce temps-là était bien de la lecture, que vous soyez arrivé au bout ou non.
Les statuts sont illimités et gratuits, car un outil qui rend l’abandon inconfortable vous pousse discrètement à lui mentir. Tout reste sur votre iPhone, sans compte et sans fil d’actualité : votre étagère d’abandons ne regarde personne.
Voir comment fonctionne Endleaf ou le télécharger pour iPhone.