Skip to main content

Qu'est-ce qu'un trope littéraire ? Les motifs que vous choisissez sans le savoir

Un trope est un motif qui revient d’un livre à l’autre et que les lecteurs reconnaissent : une situation de départ, une forme de relation ou un ressort narratif employé assez souvent pour avoir reçu un nom. « Ennemis à amants » est un trope. « Famille choisie », « il n’y avait qu’un lit » et « l’élu » aussi.

Les tropes sont la façon dont les lecteurs décrivent ce dont ils ont envie, et c’est pour cela qu’ils sont devenus la monnaie d’échange des recommandations sur BookTok.

Comment on le dit en français

Le français a adopté le mot anglais presque sans résistance : on dit trope, au singulier comme au pluriel, et tout le monde comprend. Les traductions tentées, « motif » ou « procédé narratif », sont exactes mais sentent le cours de lettres, et personne ne les écrit dans une chronique.

Les tropes eux-mêmes, en revanche, se traduisent bien : « ennemis à amants », « amis à amants », « famille choisie », « il n’y avait qu’un lit ». Le français fait sa vie de ce côté-là, et cela fonctionne très bien.

Un trope n’est pas un cliché

C’est la distinction qui embrouille tout le monde, et elle compte.

Un trope est un motif reconnaissable. Il est neutre : une brique, comme une grille d’accords en musique. Un cliché est un motif employé paresseusement, sans rien y ajouter. Presque tous les livres que l’on adore sont bâtis sur des tropes ; ce qui sépare un grand livre d’un livre oubliable, c’est ce que l’auteur en fait, pas le fait d’en avoir utilisé.

Les lecteurs cherchent des tropes exprès. « Je veux des ennemis à amants » n’est pas un reproche d’originalité, c’est une commande, exactement comme « je veux quelque chose de drôle ». Les lecteurs de genre les traitent comme une promesse : le plaisir consiste à voir une forme familière bien exécutée, et tordue au bon moment.

Les tropes réellement recherchés

La romance fournit l’essentiel du vocabulaire, mais les termes circulent dans tous les genres :

  • Ennemis à amants. Des adversaires dont le conflit se change en attirance. Le trope le plus recherché de ces dernières années.
  • Amis à amants. Le reflet plus lent et plus doux.
  • Slow burn. Une attirance construite sur la longueur, avec une résolution retardée à dessein.
  • Il n’y avait qu’un lit. La promiscuité forcée, condensée en une seule scène.
  • Famille choisie. Des personnages sans lien de parenté qui deviennent les proches les uns des autres. Dominant en fantasy et en science-fiction.
  • Grognon et rayon de soleil. L’un renfermé, l’autre chaleureuse.
  • Faux couple. Une relation feinte qui cesse de l’être.
  • Seconde chance. Un ancien couple qui se retrouve des années plus tard.
  • Moralement gris. Un protagoniste dont les choix ne sont pas nets. Partout en fantasy en ce moment.
  • L’élu. Un protagoniste désigné par une prophétie ou un pouvoir, colonne vertébrale de la fantasy épique.
  • Chambre close. Un crime commis là où personne de l’extérieur n’a pu entrer.
  • Narrateur non fiable. Une voix à laquelle le lecteur apprend à ne plus se fier.

Trope, genre et thème ne sont pas la même chose

Trois mots employés indifféremment alors qu’ils ne devraient pas :

  • Le genre, c’est le rayon : fantasy, romance, polar, littérature générale.
  • Le trope, c’est le motif à l’intérieur du livre : ennemis à amants, chambre close.
  • Le thème, c’est ce dont le livre parle en dessous : le deuil, la classe sociale, le pardon.

Un livre a un genre principal, plusieurs tropes, et un ou deux thèmes. Connaître la différence rend vos notes bien plus utiles, car « romantasy, ennemis à amants, héroïne moralement grise » en dit beaucoup plus à votre futur vous que « fantasy ».

Pourquoi suivre ses tropes en vaut la peine

La plupart des lecteurs connaissent leur genre préféré et n’ont aucune idée de leur motif réel. Suivez vos tropes pendant un an et le résultat surprend en général : vous découvrirez que vous notez le slow burn une étoile entière au-dessus du reste, ou que vous avez abandonné tous les romans à double temporalité que vous avez ouverts.

C’est directement exploitable. Cela change ce que vous ajoutez à votre PAL, et cela explique votre étagère d’abandons mieux que n’importe quelle autre étiquette.

Étiqueter ses tropes dans Endleaf

Endleaf vous laisse définir vos propres étiquettes et étagères : les tropes, vous les nommez vous-même au lieu de les choisir dans une liste figée écrite par quelqu’un d’autre. Étiquetez un livre « ennemis à amants » et « slow burn », notez-le en demi-étoiles, et le motif se construit tout seul : filtrez votre bibliothèque par étiquette et regardez comment vous notez réellement chacune sur une année.

Vos étiquettes restent sur votre iPhone, sans compte et sans fil d’actualité : personne ne transforme vos goûts de lecture en profil publicitaire. Les étiquettes illimitées sont une fonction premium ; un quota gratuit généreux ne l’est pas, et le suivi lui-même ne l’est jamais.

Voir comment fonctionne Endleaf ou lire le glossaire de lecture.

Prêt à suivre tes lectures ?

Téléchargement gratuit. Pas de compte, pas de pub, pas de revente de données.

Pas de compte. Pas de pub. Tes données restent sur ton téléphone.